Marre de me sentir contrainte, étranglée par des pensées qui m’encerclent, invasives comme des ronces.
Je tourne en rond dans le bocal de mon esprit, et l’étau se resserre, chaque pensée étouffant un peu plus mon souffle.
Je m’emmure dans ma tête, pierre après pierre, construisant une forteresse oppressante, un tombeau que je croyais être refuge. Je rêve d’ailleurs, d’air et de lumière, sans voir que mes propres mains sont celles qui ferment les portes. Je suis la prisonnière et la geôlière.
Je suis lasse de porter ces chaînes invisibles. L’envie me brûle de faire exploser ces barrières, de briser l’armure qui m’enserre… Je ressens la pulsion battante de mon coeur qui veux s’ouvrir à l’inconnu, à l’impossible. Je touche l’espace où ma limite n’est plus une protection, mais un mur qui se dresse contre mon bonheur.
Je veux sortir de cette grotte humide, où l’air manque, où l’ombre me colle à la peau.
Je veux voir la vérité du renouveau s’infiltrer comme un rayon d’aube. Je veux poser mes yeux sur une autre réalité même si elle est crue, même si elle paraît brulante.
Je veux dépasser ce cap des premières lueurs aveuglantes, parce qu’elles miennes, parce qu’elles appellent la Vie.
J’ai longtemps cru aux valeurs imposées par une société qui me regarde sans me voir. A celle d’une éducation qui instruit sans me comprendre.
Ce monde qui répète ses propres certitudes, ses propres schémas dysfonctionnels, comme un fou s’évertue à reproduire la même expérience, espérant un résultat différent. Il est tellement plus facile de façonner des êtres dociles que d’ouvrir les bras à la diversité des corps, des âmes, des cœurs sauvages…
Mais dans ce confort, il manque l’étincelle de la vie, l’élan brut du chaos et du vivant.
Aujourd’hui, je perçois la lumière. Je me permets d’imaginer l’inconcevable, d’avancer vers cet infini, sans chercher de réponse ou de vérité absolue. Simplement l’expérience d’être, un pas après l’autre.
Je fais ce pas vers ma liberté, et j’accueille en moi le vertige du possible, prête à laisser tomber chaque mur, chaque chaîne qui m’empêche d’être.
Je brise mes cuirasses et explore l’infini de mon Être.
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